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Gio 12 mar | Santo del giorno | Parola rito Romano | Ambrosiano
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    Buon Compleanno, Mons. Rouiller

    di Ernesto Borghi

    Oggi, 12 marzo, compirà novant'anni Grégoire Rouiller, canonico dell'Abbazia di St. Maurice nel Vallese. Allievo al Pontificio Istituto Biblico del grande biblista gesuita Stanyslas Lionnet, che fu direttore della sua tesi, è stato docente di materie bibliche all'Università di Friburg dal 1966 fino al 1995. Iniziò come conseiller aux études di Antico Testamento, chiamato all'Istituto Biblico di questo ateneo elvetico dal grande biblista Jean-Dominique Barthélemy, e dal 1987 al 1995 fu professore ordinario di Nuovo Testamento (importanti i suoi corsi di esegesi e di teologia del Nuovo Testamento in particolare sui vangeli dell'infanzia, sul vangelo secondo Giovanni, sulle lettere paoline, sulla lettera agli Ebrei e sui fondamenti biblici dei sacramenti). La sua ampia ed intensa competenza biblica e letteraria si è sempre dimostrata pari all'essenzialità con la quale è stato un punto di riferimento scientifico, culturale e pastorale per generazioni di studenti e di amanti della lettura biblica. Nel 1984 è stato uno dei fondatori dell'ABC (Association Biblique Catholique) operante ancora oggi, con efficacia, nella Svizzera Romanda. Egli ha dato priorità all'attività d'insegnamento, alla divulgazione pastorale orale e all'accompagnamento spirituale rispetto all'attività editoriale di carattere scientifico (anche se resta memorabile il volume di carattere scientifico EXEGESIS, che curò, nel 1975, con il suo amico e grandissimo biblista di livello internazionale François Bovon e si annoverano alcuni preziosi libri divulgativi scritti nelle collane dell'ABC e tradotti in italiano presso le case editrici Cittadella di Assisi e San Lorenzo di Reggio Emilia). Anche dopo aver lasciato l'insegnamento accademico, prima a Fribourg e negli ultimi anni nella cornice della splendida abbazia vallesana, ha continuato a studiare e ad accompagnare tante persone sulle strade di un'obbedienza adulta e intelligente alla Parola di Dio. La fede cristiana e un umanesimo profondo del cuore e della mente sono state le direttrici personali e professionale della sua esistenza.

    Augurando al Prof. Rouiller una vita ancora serena e salutare e ringraziandolo più che mai per tutto quello che ha fatto, per la conoscenza della Bibbia e per la crescita interiore e sociale di migliaia di persone, a Fribourg, nel Vallese e altrove, proponiamo, tra i molti scritti legati all'insegnamento universitario - le sue dispense sono sempre state un esempio di di precisione e chiarezza culturale e di vivacità esistenziale - citiamo due brani che, oggi, a distanza di molti anni, conservano tutta la loro autorevolezza formativa:

    LIRE  UN  TEXTE, LIRE  LA  BIBLE

    La lecture et l'appropriation d'un texte souffrent souvent de défauts graves. Signalons-en deux principaux:

    • celui de l'annexion. Un défaut qui peut prendre des formes variées, selon les causes qui le produisent.

    - Parfois il est engendré par la paresse ou le mauque de connaissances. Celui qui ne s'est pas soumis à l'ascèse de l'assimilation et de l'examen attentif du texte est fortement menacé d'en faire une lecture banale et de n'y trouver que les idées générales qu'il détient avant toute lecture. Ce défaut, excusable chez bien des chrétiens, devient, pour le théologien et notamment pour le clergé, une faute professionnelle.

    - parfois il est provoqué par l'aveuglement ou dictature de la richesse (réelle ou illusoire) qui ferme à l'autre, en l'occurrence à la nouveauté d'un texte.

    a) Cette richesse peut être d'ordre théologique, philosophique. Certains commentaires des Pères en sont atteints (excès platoniciens d'un Grégoire de Nysse) de même que certains commentaires de la grande époque de la Scholastique. Aujourd'hui cette richesse ou pseudo-richesse prend souvent une coloration idéologique ou politique (cf. bien des lectures engagées de l'Exode ou même du Magnificat), parfois gnostique.

    b) Elle peut aussi être de caractère pastoral. La volonté légitime d'utiliser un langage en prise sur l'auditoire pousse à chercher des analogies de situation, des faits inspirateurs, des exemples parlants. Le danger réside alors dans la présentation de ces «exemples» très souvent lus avec des lunettes moralisantes — l'écologie devient un lieu d'éléction du moralisme et un sous-produit de la mystique — ou agressives (je pense à une présentation négative de la Suisse ou de l'Eglise, à un appel agaçant au partage de la part de religieux nantis ou de curés fort bien logés). A ce moment-là, le texte biblique sert tout au plus à fournir un «confirmatur». Il légitime des conclusions qu'on détenait sans lui. L'homélie n'évite pas facilement un tel danger.

    • j'ai déjà en partie évoqué le second danger majeur: le moralisme. Puisque l'appropriation doit normalement sortir des idées générales et conduire à adopter des comportements concrets, ce danger n'est pas facile à éviter. Les militants, les apôtres généreux y tombent facilement. On peut entendre par «moralisme» toute émission d'impératifs non fondés doctrinalement (on doit nécessairement s'en servir à l'égard d'enfants en bas âge mais il faut les utiliser le moins longtemps possible), toute consigne qui exige une exécution sans faire appel à l'intelligence consentante et à la liberté créatrice (une obéissance militaire ou même religieuse était parfois conçue de cette manière). La véritable appropriation doit se frayer un chemin entre la vague déclaration de bonne intention et la dictée contraignante d'actes à poser ou d'attitudes à incarner.

    (G.ROUILLER, Exégèse du NT. Notes des cours 1991-1992, Fribourg 1992, pp. 97-98)

     

    L'INDIFFERENCE DE  NOS  FRERES  ET  DE  NOS  SOEURS

    Il est temps de nous interroger sur l'attitude à adopter face aux autres--nos  frères et soeurs si semblables à nous!--sous l'angle précis de l'indifférence à promouvoir ou à combattre.

    Or, dès que nous le faisons, un terme s'impose à nous, celui de  témoignage ». A la suite et à l'exemple de Jésus, nous sommes appelés à rendre témoignage à la vérité. Qu'est-ce à dire? Il nous semble qu'on peut affirmer ceci: rendre témoignage à la vérité, c'est se comporter devant et avec les autres, de telle manière (dans ses paroles, ses actes, ses initiatives...) que chacun puisse mieux découvrir le dessein de Dieu sur lui, l'accueillir avec plus de souplesse et le réaliser avec courage et joie dans l'obéissance à sa vocation propre. Seulement, cette réponse est sans doute trop théologique et concentrée. Aussi voulons-nous tenter d'en énumérer les composantes principales.

    a) Rejoindre l'autre

    Tout doit commencer par la communion. Jésus a voulu rencontrer les autres, là où ils étaient. Le chrétien et le témoin doivent aussi le faire. Les autres, avec leurs richesses personnelles qui ne sont pas les nôtres, leurs dons différents des nôtres, leurs joies et leurs souffrances, etc.

    Sans doute, communier dans la vérité avec les autres est un art que seuls connaissent les doux, les humbles, les serviteurs passionnés de la vérité. Cela implique de notre part la volonté sincère (même si nos savons que cela est difficile) de ne jamais juger un frère, tout en conservant notre lucidité et nos pleines capacités de discernement, de ne pas nous imposer, tout en enrichissant l'autre de notre expérience et du meilleur de nos connaissances, de ne jamais nous faire, par faiblesse, le complice du mal ou de l'erreur, tout en manifestant une vraie humilité et une tolérance non feinte, faite d'accueil, d'écoute et de respect.

    b)  Des regards qui éveillent

    Nous sentons le besoin de préciser davantage encore ce que nous venons de proposer. Car nous en sommes persuadés : de nombreuses aventures humaines et des destinées spirituelles authentiques ont commencé par un regard. Chacun de nous l'a du reste expérimenté: il y a des regards qui figent, qui condamnent et qui tuent. Il en est d'autres qui relèvent, consolent, enfantent et lancent sur la route. Que nos regards soient de ceux-là.

    Nous le savons: il faut parfois un brin de «folie»--celle du Père et de Jésus, son rêvélateur--pour croire en l'avenir de tel frère ou de telle soeur, pour continuer d'y croire, même après des échecs et des déceptions répétées. Il faut beaucoup d'humilité, pour renoncer à mouler l'autre, selon nos critères personnels, mais pour qu'il découvre à travers notre regard une authentique invitation au voyage. Souvenons-nous : le «tu ne feras jamais rien de bon » est un verrou qui emprisonne, alors que le regard du témoin de la vérité peut dissiper des nuées d'indifférence...

    c)  Un tissu communautaire

    Nous étions collégiens, lors de la parution des livres célèbres de Camus: L'Etranger et La Peste. A la même époque le philosophe Gabriel Marcel, dans des conférences qui nous impressionnnèrent durablement, évoquait devant nous les tristesses d'un «monde cassé». Il dénonçait prophétiquement les dangers de l'anonymat et les fruits maléfiques des collectivismes de tous bords. Nous l'entendons encore nous dire: il faut refaire maille à maille le tissu communautaire, redécouvrir la personne et l'authentique relation interpersonnelle. Nous comprenons chaque jour mieux ce qu'il pressentait douloureusement.

    Oui, il faut retisser, surtout pour les plus jeunes de notre génération, un tissu communautaire qui leur donne un cadre de vie créateur. Ce n'est pourtant pas chose aisée. Car, sur le marché des communautés, les contrefaçons et les imitations trompeuses abondent. Pour notre part et sans lancer des anathèmes contre qui que ce soit nous pensons qu'il n'est pas bon de diriger les indifférents qui stagnent vers trois types de communautés (qui malheureusement et selon beaucoup de variantes existent à de nombreux exemplaires):

    • Vers la communauté, tout d'abord, que rassemble une charte d'opposition et de haine. La communauté agressive dans laquelle on respire davantage le désir d'abattre l'adversaire que la joie de servir ses frères. Car, sachons-le bien: une chose est de s'opposer fermement à l'injustice et à l'oppression, de dénoncer vigoureusement les rouages des sociétés qui y conduisent et autre chose, jamais admissible pour un chrétien et un homme de paix, est de haïr son frère (fût-il oppresseur ou assassin), de travailler à sa ruine et de s'en réjouir. Cela ne peut jamais figurer dans le programme avoué ou latent d'une communauté digne de ce nom.

    • Nous ne favoriserions pas non plus l'entrée de qui que ce soit dans une communauté que rassemblent artificiellement une charte sentimentale et la quête du merveilleux. Cela signifie que nous ne accorderons pas une confiance sans réserve aux groupes communautaires qui ne savent pas écouter le message salutaire d'une saine sécularisation. A la communauté qui voit partout des signes surnaturels et collectionne les miracles, misant davantage sur un enthousiasme collectif que sur la sereine et réconfortante présence de frères et de soeurs qui communient au même idéal et à la même foi. Le danger que nous dénonçons ici n'est pas illusoire: il déploie ses méfaits partout où une communauté s'apparente de près ou de loin à une secte.

    • Nous ne croyons pas favorable enfin l'adhésion à une communauté qui se constitue comme refuge pour personnes frileuses ou saisies de panique devant les dangers de notre temps. Car, l'entrée dans une vraie communauté, ne saurait d'aucune façon s'apparenter à un retour au sein maternel. Les communautés de ce genre courent du reste deux graves dangers. Celui de se crisper sur des valeurs, un langage, des rites, qui ont connu leur heure de vitalité, mais qui sont désormais dépassés ou fossilisés. Les intégrismes n'évitent pas ce danger. Celui, non moins redoutable, de pharisaïsme; leurs membres se présentant comme les détenteurs et gardiens de la vérité, nourrissant des sentiments de commisération et parfois de mépris à l'égard des autres.

    Une critique fraternelle et un effort de réflexion lucide doivent nous permettre d'éviter de tels écueils. La communauté à promouvoir est audacieuse et généreusement positive. Elle accorde une attention privilégiée à la vocation de chacun de ses membres, se préoccupant de sa présence, de sa participation effective et de sa joie. Elle se demande si chaque personne partage, selon ses dons particuliers, les responsabilités de l'ensemble et si la liberté de chacun, une liberté d'adulte, est assurée. Elle vérifie fréquemment l'ouverture de toute la communauté aux autres et sa position de service face à l'ensemble de ses frères et soeurs.

    (G.ROUILLER, Indifférents et indifférences, in "Echos de Saint Maurice" 4/1983, pp. 282-283).

     

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